Madame rêve
Le vent emporte nos paroles. Ce matin là, du premier jour, nous marchons sur la plage depuis deux heures, passant de grandes étendues sableuses au petit chemin côtier. Le chemin où le temps d’un virage, nous nous perdons de vue.
La mer pour seul remède à ce lendemain de fête, nous avancons, parfois en file indienne, souvent par deux ou trois, pourchassant les oiseaux chevaliers, trainant des pieds pour laisser nos traces déssinées dans le sable mouillé, observant, s’observant, comme respectueux de l’espace ou endeuillés par une chose indicible.
Après un déjeuner calme, sur la terrasse quand même, malgré le froid, nous reprenons la promenade : demi-tour ? Non, pas déjà. La route reprend, la falaise se dresse, la parole revient comme ramenée par nos pas mêlés à la laisse de l’eau. Le soleil disparait déjà, les couleurs de feu arrivent, toujours aussi magiques. Le rouge transforme les arbres et les gens s’assoient sur les rochers, pour finir ce premier jour en regardant l’horizon. Nous décidons finalement le retour, mais par un autre chemin. Par cette journée sans heure, nous avons traversé entre amis, un monde sensuel le long de la plage.

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